Prochain concert : Soirée du 13 Septembre 2008 à Nyons (26)
 

Zicmu, Avril 2008

Un grain de folie dans le chaos

ZICMU - sur cinq, vous êtes trois de Kaophonic Tribu. Y-a-t-il eu un chaos dans kao ? Mais vous préférez peut-être qu'on en parle pas ...

Didier (au nom du groupe) - Non, pas de kao... le kakao !!! et toi ça va ? Ça fait maintenant plusieurs années qu'on fait de la musique ensemble, notamment avec Laurent et avec Adri dans des créations diverses en parallèle de Kaophonic Tribu. C'est d'ailleurs Laurent et moi qui avons fondé Kao il y a maintenant dix ans. On a passé de super moments avec ce groupe, c'était une belle aventure, mais bon... on a eu envie , tous les trois à un moment donné d'explorer ensemble des univers différents de celui de Kao et pas seulement musicaux. Maïnomenos est né de l'envie de continuer le travail amorcé dans Kao sur les rythmes, les sons, mais de le réaliser différemment. Alors on a demandé à deux musiciens proches s'ils avaient envie de se joindre à nous... et ça a collé musicalement et humainement. En plus, notre bassiste/guitariste Tranbert est déjà un habitué de la musique style tambours déjantés car il avait déjà posé, pour délirer des lignes de guitare sur des enregistrements de Kaophonic Tribu, c'était marrant.

Zicmu - c'est quoi Maïnomenos ? Un dieu celte, un art martial, une marque de savon, le nom d'une villa sur la côte d'usure ?

Didier - En fait, Maïnomenos c'est Dionysos, un dieu grec lié à une thématique qu'on apprécie : celle de l'ivresse. L'ivresse par le vin, l'expression théâtrale, par les plaisirs, par la folie ... on peut invoquer Dionysos sous de noms différents selon les sphères qu'on veut explorer. Maïnomenos est l'invocation un peut terrible de Dionysos car elle est censée apporter la folie. C'est ce qu'on recherche à faire dans nos concerts, apporter aux spectateurs un grain de folie le temps d'une soirée. On a eu aussi l'envie de faire le lien avec notre passé musical car Maïnomenos est le titre d'un morceau de Kao. Ne dit-on pas que Dionysos est né deux fois... ?

Zicmu - Donc, il n'est pas belge. J'ai eu le grand bonheur avec 250 autres privilégiés d'assister à votre premier concert au Réservoir de Saint Marcel en novembre 2007. Trois mots se sont imposés : puissance, transe, sensualité. T'en as d'autres ?

Didier - Le voyage, de part les instruments qui proviennent de différentes régions du monde, la danse,Maïnomenos est une musique essentiellement basée sur le rythme, d'ailleurs si le mot transe t'est venu on a un peu réussi notre pari. Le mot mélange, notre musique mélange des styles où tout le monde peut se retrouver. On va vers le rock, la drum'n'bass, la techno, la world, le contemporain... nos morceaux sont un peu comme des tableaux où différents courants musicaux se mélangent.

Zicmu - Avec Kao, vous puisiez dans le Mandingue. Et maintenant, vous fouillez dans le complet ?

Didier - Il y a quand même pas mal de rythmes de Kao qui n'étaient pas mandingues même si l'inspiration l'était. Les compos rythmiques se faisaient en fonction de l'énergie qu'il fallait dégager, le résultat était donc plus personnel. On a continué à travailler dans ce sens avec Maïnomenos. En ce qui concerne les compositions d'ensemble, on pioche dans nos références, dans ce qu'on est. On y retrouve toutes sortes de clins d'oeils : des transes ethniques, les Pink Floyd, même du punk...

Zicmu - La seule fille du groupe, Sophie la flûtiste est prof de musique. La truite de Schubert frétille-t-elle de la queue quand elle la voit évoluer dans un univers musical aussi loin du conventionnel ?

Didier - L'idée d'évoluer dans un paysage musical inhabituel l'a interessée. Tous les profs de musique, même s'ils ont de grandes connaissances du sujet, ne sont pas tous hermétiques à la musique actuelle ! Et puis l'important c'est de faire de la musique en prenant du plaisir à ce qu'on fait.

Zicmu - Sur scène, Laurent et sa voix d'outre galaxie dégage un charisme intemporel et surréaliste. Comme vous tous. Vous êtes à fond dedans ! Vous pensez à quoi dans ces moments là ? Au Roquefort ?

Didier - Phil, il faudrait que tu achètes des pinceaux pour peindre les visions que tu peux avoir ... pas mal l'envolée lyrique du début qui chute sur le fromage... on est contents de provoquer de telles hallucinations célestes mais quand on joue on est finalement assez concentrés sur les morceaux (pas de fromage) et l'énergie qu'on a envie de faire passer.

Zicmu - Basse et guitare électrique, percus, flûte, voix... tous ces instruments qui ont 2000 ans d'écart s'entremêlent subtilement sans trahir leurs origines. Le résultat touche au paroxisme du féérique. Etes-vous terriens ?

Didier - Oui, mais la musique c'est quelque chose qui plane dans l'espace.

Zicmu - Ca plane pour moi ! Mon petit doigt m'a dit que vous prépariez un spectacle avec Schdong, les jongleurs électro. Dois-je le couper ?

Didier - Il semblait interessant d'allier jonglage percussif et musical à notre groupe pour proposer au-delà d'un simple concert, musique et visuel... j'ai toujours été un partisan du mélange des genres. On arrive à des trucs formidables : les Rasposos et Kapalest par exemple... et puis on aime bien leurs schdongleries. En plus c'est un petit retour aux sources car quand on a commencé Laurent était jongleur dans Kaophonic Tribu. Nous sommes impatients de voir les réactions du public sur cette association.

Concert de Saint-Marcel, Novembre 2007